Ingrédients et études

Quatre substances, deux grammes de poudre, un sachet par jour. Une formule d’apparence simple, et pourtant quatre histoires scientifiques très différentes s’y croisent : un oligo-élément dont on n’a compris l’importance qu’en 1959, un composé qui doit son nom au tissu musculaire où on l’a découvert, un extrait végétal dont le constituant principal disparaît à la torréfaction, et l’une des molécules les mieux caractérisées sur le plan pharmacocinétique. Cette page les passe en revue une à une — avec les quantités réellement présentes dans un sachet de Slimqa Slim Coffee, et non des chiffres génériques recopiés d’une fiche d’ingrédient.

Le chrome : 40 µg d’un oligo-élément longtemps ignoré

Jusque dans les années 1950, la recherche en nutrition ne voyait dans le chrome qu’un métal industriel, pas un nutriment. Tout a changé en 1959, lorsque Klaus Schwarz et Walter Mertz ont isolé dans un extrait de levure de bière une fraction qu’ils ont baptisée facteur de tolérance au glucose — et dont ils ont identifié le constituant actif : le chrome trivalent. Depuis, le chrome(III) est reconnu comme un oligo-élément d’intérêt nutritionnel, avec une valeur nutritionnelle de référence fixée à 40 µg dans l’Union européenne.

Le rôle exact du chrome dans l’organisme fait toujours l’objet de recherches actives. Le chimiste John B. Vincent en a dressé une synthèse largement citée (Vincent, Proceedings of the Nutrition Society, 2004) : la pièce maîtresse est un petit oligopeptide, la chromoduline, qui fixe le chrome et se lie, en culture cellulaire, au récepteur activé de l’insuline. Vincent dit tout aussi franchement là où les données manquent encore — une honnêteté peu courante dans un domaine où l’on affirme beaucoup.

L’absorption, elle, compte encore davantage en pratique. Une équipe du CHU de Hambourg-Eppendorf a comparé, à l’aide de chrome radiomarqué, cinq formes courantes — picolinate, nicotinate, phénylalaninate, propionate et chlorure. Chez le rat, l’absorption apparente s’est révélée faible dans tous les cas, entre 0,04 et 0,24 %. Chez l’humain, elle atteignait 0,8 à 1 % (Laschinsky et al., Biometals, 2012). Le chrome n’est donc absorbé qu’à l’état de traces, quelle que soit sa forme. C’est précisément pour cela que la forme déclarée est une information utile et non une formalité. Un sachet de Slimqa Slim Coffee en apporte 40 µg — soit la totalité de la valeur nutritionnelle de référence.

La L-carnitine : 300 mg d’un composé nommé d’après la viande

En 1905, les biochimistes russes Vladimir Gulewitsch et Rudolf Krimberg isolent du tissu musculaire une substance jusque-là inconnue. Ils la nomment d’après le latin caro, carnis — la chair. Des décennies plus tard, le même composé refait surface sous le nom de vitamine BT : on venait de découvrir que les larves du ténébrion ne peuvent pas grandir sans elle. Chez l’être humain, les choses se passent autrement : le foie et les reins synthétisent eux-mêmes la L-carnitine à partir de lysine et de méthionine, l’alimentation faisant le reste — la viande rouge en tête.

Charles Rebouche en a rassemblé la cinétique dans une revue de référence (Rebouche, Annals of the New York Academy of Sciences, 2004), et le contraste mérite un coup d’œil. Apportée par l’alimentation, la L-carnitine affiche une biodisponibilité de 54 à 87 %. Apportée par un complément alimentaire, à des doses de 0,5 à 6 g, elle tombe à 14–18 %, l’absorption devenant alors majoritairement passive. La L-carnitine non absorbée est dégradée dans le côlon par les micro-organismes. Quant au temps de renouvellement à l’échelle de l’organisme, Rebouche le situe entre 38 et 119 heures pour un apport habituel.

Un second chiffre complète le tableau : les travaux menés chez l’humain emploient le plus souvent des quantités de l’ordre de 2 g. Les 300 mg par sachet se situent nettement en dessous.

L’extrait de café vert : 100 mg issus de la graine non torréfiée

Le genre Coffea vient des forêts d’altitude du sud-ouest de l’Éthiopie ; de là, sa route est passée par le Yémen avant d’atteindre l’Europe. Le café vert est botaniquement la même plante que celui de la tasse — simplement la graine avant torréfaction. Son constituant caractéristique : les acides chlorogéniques, une famille d’esters formés d’acide quinique et d’acides hydroxycinnamiques. On en a décrit environ 400 ; le premier a été caractérisé chimiquement dès 1846.

La raison pour laquelle l’extrait est tiré de la graine verte et non de la graine torréfiée tient à une raison très concrète. Une équipe de l’université de Californie à Davis a analysé sept cafés du commerce, chacun vert puis torréfié, et relevé des teneurs totales en acides chlorogéniques de 34,43 à 41,64 mg/g dans les graines vertes, contre 2,05 à 7,07 mg/g après torréfaction. À 250 °C pendant 21 minutes, la teneur descendait à l’état de traces (Moon, Yoo & Shibamoto, Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2009). La torréfaction crée l’arôme et détruit l’acide chlorogénique. Deux extraits ne sont donc comparables que si le rapport plante/extrait et la standardisation en acides chlorogéniques sont indiqués.

La caféine : 120 mg de la molécule la plus étudiée du sachet

Friedlieb Ferdinand Runge isole la caféine à Iéna en 1819 — sur une suggestion de Goethe, qui lui avait remis une boîte de grains de moka. Chimiquement, il s’agit d’un alcaloïde purique, la 1,3,7-triméthylxanthine, et peu de molécules ont depuis fait l’objet d’autant de travaux pharmacocinétiques.

Une équipe berlinoise a rassemblé ces données de façon systématique, à partir de plus de 140 publications (Grzegorzewski, Bartsch, Köller & König, Frontiers in Pharmacology, 2022). Le constat est net : la caféine est métabolisée presque exclusivement par le foie, moins de 3 % sont éliminés sous forme inchangée, et la voie principale passe par l’enzyme CYP1A2, qui la transforme en paraxanthine. Les auteurs ont examiné spécifiquement les facteurs qui modifient cette cinétique — et le tabagisme ainsi que la prise de contraceptifs oraux figurent en tête de liste. La demi-vie varie fortement d’une personne à l’autre.

Pour un produit dont le mode d’emploi prévoit de le mélanger au café, ce n’est pas un détail de bas de page, mais l’information centrale : ce qui compte n’est pas la quantité contenue dans le sachet seul, mais la somme du sachet et de la tasse — et la vitesse à laquelle votre propre organisme l’élimine.

Ce que l’on peut en tirer — et ce que l’on ne peut pas

L’état de la recherche et l’état de la réglementation sont deux choses distinctes. Dans l’Union européenne, une allégation de santé ne peut être utilisée que si elle figure au registre communautaire. Sur les quatre substances de cette formule, une seule est concernée : le chrome. Les allégations autorisées sont, dans leur libellé officiel :

  • « Le chrome contribue au métabolisme normal des macronutriments. »
  • « Le chrome contribue au maintien d’une glycémie normale. »

Pour la L-carnitine, la caféine et l’extrait de café vert, aucune allégation de santé n’est autorisée. Les travaux cités plus haut décrivent la chimie, l’origine et la cinétique de ces substances — ils ne fondent aucune allégation pour ce produit, et nous n’en tirons pas davantage.

Deux points de pharmacologie méritent d’être signalés ici même. D’abord la caféine : les contraceptifs oraux et un traitement hormonal substitutif ralentissent nettement sa dégradation par le CYP1A2, tout comme la ciprofloxacine et les autres antibiotiques de la famille des quinolones, la fluvoxamine et la théophylline. En cas de tension artérielle élevée, de troubles du rythme cardiaque, d’anxiété ou de troubles du sommeil, un avis médical préalable s’impose ; le produit n’est prévu ni pour les femmes enceintes ou allaitantes, ni pour les personnes de moins de 18 ans. Ensuite le chrome : la même règle vaut en cas de traitement hypoglycémiant, en raison du chrome contenu dans la formule. Des cas de potentialisation des anticoagulants coumariniques comme l’acénocoumarol et la warfarine ont par ailleurs été rapportés avec la L-carnitine — un contrôle de l’INR s’impose dans ce cas.


ℹ️ À noter : la déclaration complète, le mode d’emploi et le calcul de la caféine apportée par le sachet et par la tasse figurent sur la page d’accueil de Slimqa Slim Coffee.